Allergies alimentaires, les diagnostics, les conséquences,
Posté : 19 sept. 2011, 10:44
Alimentation
"La connaissance de l’alimentation de l’animal comprend sa composition qualitative, son origine et ses qualités sanitaires.
La peau, organe en renouvellement permanent et rapide, est souvent considérée comme un miroir de l’état sanitaire et nutritionnel de l’animal. Ce tissu est très exigeant au niveau de la qualité de l’alimentation qui doit être sans déficit ni excès. Tout déséquilibre conduit à une modification des propriétés de la peau, facilitant ainsi l’expression de certaines dermatoses (pyodermites, dermatophytose, démodécie, phtiriose, dermatite atopique).
Certains aliments peuvent déclencher des réactions à médiation immunologique. La plus fréquente est l’hypersensibilité alimentaire, mais un aliment peut être à l’origine d’urticaire ou d’angio-oedème, de pemphigus, de lupus érythémateux, de vascularites, de dermatite éosinophilique, d’érythème polymorphe, voire de lymphome épithéliotrope et d’adénite sébacée granulomateuse (cas ayant répondus à un régime d’éviction).
Avant tout examen clinique, le clinicien s’informe des différents aliments ingérés par l’animal. Il faut lister tous les aliments de la ration et toutes les occasions de prise de
nourriture en dehors des repas : tartines et céréales du petit-déjeuner, fromage en fin de repas,friandises des enfants, générosité des voisins, poubelles peu protégées, changement de propriétaire le week-end. Pour les motiver et éviter les oublis, le clinicien peut proposer aux propriétaires de remplir un journal pendant 1 à 2 semaines.
Tout ce qui parvient à l’estomac du chien y sera noté.
Les ingrédients responsables d’hypersensibilités sont variables en fonctions des pays de résidence des chiens : corn flakes, crèmes glacées et milk-shake aux USA ; lait et thé
en Grande Bretagne.
En France, on cite principalement : le boeuf, les produits laitiers, les oeufs, le poulet, le poisson, les céréales (soja). Mais tous les aliments sont potentiellement allergisants, essentiellement ceux qui contiennent beaucoup de protides et qui sont les plus consommés. De plus, les 2/3 des chiens seraient sensibilisés à plus de 2 trophallergènes. La plupart de ces aliments sont des sources d’histamine, d’où une grande difficulté pour distinguer les véritables hypersensibilités des intolérances alimentaires.
Cette connaissance exhaustive des ingrédients ingérés permet la mise en place d’un régime d’éviction adapté et pertinent.
L’alimentation peut également être une source de contamination infectieuse ou toxique. Dans ce cas, les propriétaires ne sont pas toujours conscients. Il s’agit souvent
des «extras » que le chien trouve dans le milieu extérieur : tuberculose (viande, lait, poubelle de restaurant en zone d’endémie), brucellose (placenta, avorton),
peste (rongeurs), maladie d’Aujeszky (viande, abats de porc ou sanglier), ecthyma contagieux (carcasses de moutons).
Ménagère / industrielle
Actuellement, les aliments d’origine industrielle couvrent les besoins nutritionnels des chiens. Les dermatoses liées aux « aliments génériques » sont beaucoup moins décrites
depuis la fin des années 80. L’utilisation d’un aliment pour adulte chez le chiot, de mauvaises conditions de stockage ou l’emploi de conservateurs inadaptés peuvent conduire
à des carences. Une perte des acides gras essentiels, des vitamines D, E, biotine se produit au bout d'un an pour les aliments en boite, de 6 mois pour les aliments secs, surtout en cas de fortes températures. L’essentiel des carences relevées sont dues à des troubles digestifs (95) (malassimilation, maldigestion), généraux (anorexie, augmentation du catabolisme), ou à des particularités individuelles. Lors de dermatose répondant à la supplémentation en zinc de type 34I, les troubles se manifestent chez des animaux bien nourris, sans carence en zinc dans l'aliment.
Les régimes industriels contiennent des additifs alimentaires qui peuvent déclencher des réactions d’hypersensibilité dans l’espèce humaine. Ces réactions sont probables chez le chien mais non prouvées.
Les aliments industriels secs peuvent aussi être une source d’acariens de stockage ou de moisissures (surtout si l’aliment est poussiéreux) responsables de dermatites atopiques. Concernant les acariens de stockage, il est actuellement difficile de conclure entre une sensibilisation spécifique ou des réactions croisées vis à vis des acariens
de la poussière de maison.
Les régimes dits « ménagers » préparés par les propriétaires, présentent une très grande diversité (viandes et légumes variés, incorporation de restes de tables,
d’aliments ou de compléments industriels). L’anthropomorphisme conduit souvent à une grande variété des « menus ». Le cas extrême étant la préparation systématique d’une portion supplémentaire du repas familial pour le chien. Sans parler des régimes « tout viande » (carencé entre autre en calcium), cette alimentation est systématiquement déséquilibrée et carencée sans l’intervention de personnes compétentes en nutrition animale (vétérinaire, éleveur, …). Si l’équilibre entre la viande, les féculents et les légumes est généralement satisfaisant, la prescription de compléments permet de combler les carences minérales et vitaminiques, ainsi que les carences en acides gras essentiels (ajout d’huile). Ces dernières peuvent être un facteur concourant à l’émergence d’une dermatite atopique.
A l’inverse, certaines complémentations peuvent conduire à des carences : carence en biotine suite à l’ingestion fréquente d'oeufs crus (l'avidine du blanc d’oeuf empêche l'absorption de la biotine). Pour les chiots ou jeunes adultes à croissance rapide, l’excès d’apport en vitamines et minéraux (calcium) est responsable de dermatose
répondant à la supplémentation en zinc de type II".
Sources " Diagnostique en dermatologie canine" ENVA
L'urgence d'un diagnostic précis, l'urgence du traitement à appliquer. Voici 2 cas d'allergie alimentaire, dont la seconde a déclenchée une démodécie. Autant dire qu'à ce stade si rien n'est fait, le chien va vers des problèmes qui seront de plus en plus durs à traiter.
"La connaissance de l’alimentation de l’animal comprend sa composition qualitative, son origine et ses qualités sanitaires.
La peau, organe en renouvellement permanent et rapide, est souvent considérée comme un miroir de l’état sanitaire et nutritionnel de l’animal. Ce tissu est très exigeant au niveau de la qualité de l’alimentation qui doit être sans déficit ni excès. Tout déséquilibre conduit à une modification des propriétés de la peau, facilitant ainsi l’expression de certaines dermatoses (pyodermites, dermatophytose, démodécie, phtiriose, dermatite atopique).
Certains aliments peuvent déclencher des réactions à médiation immunologique. La plus fréquente est l’hypersensibilité alimentaire, mais un aliment peut être à l’origine d’urticaire ou d’angio-oedème, de pemphigus, de lupus érythémateux, de vascularites, de dermatite éosinophilique, d’érythème polymorphe, voire de lymphome épithéliotrope et d’adénite sébacée granulomateuse (cas ayant répondus à un régime d’éviction).
Avant tout examen clinique, le clinicien s’informe des différents aliments ingérés par l’animal. Il faut lister tous les aliments de la ration et toutes les occasions de prise de
nourriture en dehors des repas : tartines et céréales du petit-déjeuner, fromage en fin de repas,friandises des enfants, générosité des voisins, poubelles peu protégées, changement de propriétaire le week-end. Pour les motiver et éviter les oublis, le clinicien peut proposer aux propriétaires de remplir un journal pendant 1 à 2 semaines.
Tout ce qui parvient à l’estomac du chien y sera noté.
Les ingrédients responsables d’hypersensibilités sont variables en fonctions des pays de résidence des chiens : corn flakes, crèmes glacées et milk-shake aux USA ; lait et thé
en Grande Bretagne.
En France, on cite principalement : le boeuf, les produits laitiers, les oeufs, le poulet, le poisson, les céréales (soja). Mais tous les aliments sont potentiellement allergisants, essentiellement ceux qui contiennent beaucoup de protides et qui sont les plus consommés. De plus, les 2/3 des chiens seraient sensibilisés à plus de 2 trophallergènes. La plupart de ces aliments sont des sources d’histamine, d’où une grande difficulté pour distinguer les véritables hypersensibilités des intolérances alimentaires.
Cette connaissance exhaustive des ingrédients ingérés permet la mise en place d’un régime d’éviction adapté et pertinent.
L’alimentation peut également être une source de contamination infectieuse ou toxique. Dans ce cas, les propriétaires ne sont pas toujours conscients. Il s’agit souvent
des «extras » que le chien trouve dans le milieu extérieur : tuberculose (viande, lait, poubelle de restaurant en zone d’endémie), brucellose (placenta, avorton),
peste (rongeurs), maladie d’Aujeszky (viande, abats de porc ou sanglier), ecthyma contagieux (carcasses de moutons).
Ménagère / industrielle
Actuellement, les aliments d’origine industrielle couvrent les besoins nutritionnels des chiens. Les dermatoses liées aux « aliments génériques » sont beaucoup moins décrites
depuis la fin des années 80. L’utilisation d’un aliment pour adulte chez le chiot, de mauvaises conditions de stockage ou l’emploi de conservateurs inadaptés peuvent conduire
à des carences. Une perte des acides gras essentiels, des vitamines D, E, biotine se produit au bout d'un an pour les aliments en boite, de 6 mois pour les aliments secs, surtout en cas de fortes températures. L’essentiel des carences relevées sont dues à des troubles digestifs (95) (malassimilation, maldigestion), généraux (anorexie, augmentation du catabolisme), ou à des particularités individuelles. Lors de dermatose répondant à la supplémentation en zinc de type 34I, les troubles se manifestent chez des animaux bien nourris, sans carence en zinc dans l'aliment.
Les régimes industriels contiennent des additifs alimentaires qui peuvent déclencher des réactions d’hypersensibilité dans l’espèce humaine. Ces réactions sont probables chez le chien mais non prouvées.
Les aliments industriels secs peuvent aussi être une source d’acariens de stockage ou de moisissures (surtout si l’aliment est poussiéreux) responsables de dermatites atopiques. Concernant les acariens de stockage, il est actuellement difficile de conclure entre une sensibilisation spécifique ou des réactions croisées vis à vis des acariens
de la poussière de maison.
Les régimes dits « ménagers » préparés par les propriétaires, présentent une très grande diversité (viandes et légumes variés, incorporation de restes de tables,
d’aliments ou de compléments industriels). L’anthropomorphisme conduit souvent à une grande variété des « menus ». Le cas extrême étant la préparation systématique d’une portion supplémentaire du repas familial pour le chien. Sans parler des régimes « tout viande » (carencé entre autre en calcium), cette alimentation est systématiquement déséquilibrée et carencée sans l’intervention de personnes compétentes en nutrition animale (vétérinaire, éleveur, …). Si l’équilibre entre la viande, les féculents et les légumes est généralement satisfaisant, la prescription de compléments permet de combler les carences minérales et vitaminiques, ainsi que les carences en acides gras essentiels (ajout d’huile). Ces dernières peuvent être un facteur concourant à l’émergence d’une dermatite atopique.
A l’inverse, certaines complémentations peuvent conduire à des carences : carence en biotine suite à l’ingestion fréquente d'oeufs crus (l'avidine du blanc d’oeuf empêche l'absorption de la biotine). Pour les chiots ou jeunes adultes à croissance rapide, l’excès d’apport en vitamines et minéraux (calcium) est responsable de dermatose
répondant à la supplémentation en zinc de type II".
Sources " Diagnostique en dermatologie canine" ENVA
L'urgence d'un diagnostic précis, l'urgence du traitement à appliquer. Voici 2 cas d'allergie alimentaire, dont la seconde a déclenchée une démodécie. Autant dire qu'à ce stade si rien n'est fait, le chien va vers des problèmes qui seront de plus en plus durs à traiter.