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La couleur des robes chez le Bull Terrier

Posté : 28 mars 2009, 09:16
par garoundea
DOSSIER: LES ROBES DU BULL TERRIER Texte: Julie Deutsch


1ere partie


On entend tout et n’importe-quoi au sujet des couleurs admises ou non chez le bull. Petit guide pratique pour y voir plus clair...

Avant de commencer, une évidence: un chien, c’est un tout, pas une somme de petits éléments qui s’ajoutent les uns aux autres. En bref, si la couleur est un aspect important d’une race, elle ne l’est pas plus que sa construction, son mouvement ou son caractère. Le hic, c’est que les défauts de robe sont particulièrement faciles à repérer, surtout pour les novices: c’est pourquoi tel chien à la truffe dépigmentée ou tel autre aux yeux trop clairs sera vivement critiqué alors qu’un congénére à la construction déplorable mais à la robe parfaite sera épargné. Le vrai connaisseur ne s’y trompe pas: un défaut purement “cosmétique” ne devrait jamais faire oublier les qualités morphologiques d’un sujet par ailleurs exceptionnel.

Pour clarifier ce qui est admis ou non chez le bull terrier, reprenons point par point (en itallique) les passages du standard se rapportant à la robe, ainsi qu’à la teinte des yeux et de la truffe. Le dernier chapitre du standard, intitulé “défauts”, précise: “Tout écart par rapport à ce qui précède doit être considéré comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité.”

La difficulté réside dans le côté forcément très subjectif de l’appréciation de cette gravité. Chacun a sa propre manière de voir les choses mais il est bon de garder à l’esprit le côté purement “esthétique” de la robe, qui n’influence en rien la locomotion, l’aptitude naturelle ou le confort du chien, contrairement à un grave défaut de construction.

"Couleur: Chez les chiens blancs, la robe est d’un blanc pur. La pigmentation de la peau et les marques en tête ne constituent pas des défauts.”(...) “La robe blanche mouchetée ou truitée est un défaut.”
Du chapitre sur les défauts, on déduit, bien que ça ne soit pas indiqué mot pour mot dans le standard, qu’une tache de couleur sur le corps d’un chien blanc est considéree comme telle. Certains tatillons ont même suggéré que les taches aux oreilles, pourtant très répandues, pouraient en fait être considérées comme pénalisables puisqu’elles ne sont pas, à proprement parler, “en tête”... La majorité s’accorde toutefois pour convenir que ces marques font parties de celles acceptées par le standard. Il est important de ne pas confondre les mouchetures et truitures (taches ou bouquets de poils sombres parsemés dans une robe blanche) avec les taches de pigmentation sur la peau. Les premières sont clairement identifiées comme défauts, les autres sont tout à fait acceptables. Au contraire, cette pigmentation est préférable si on ne veut pas, à la longue, perdre la truffe noire décrite par ailleurs dans le standard. A noter que la pigmentation des paupières, prise en compte par certains juges, n’est mentionnée nulle part dans le standard. Les taches sur le corps et les mouchetures faisaient partie, jusqu’il y a quelques années, des points de non confirmation en France. Aujourd’hui, ça n’est plus le cas et seuls les yeux bleus et les robes bleue et foie justifient un refus de confirmation.

“Chez les chiens de couleur, la couleur doit prédominer sur le blanc.” Un chien de couleur est généralement panaché de blanc: liste en tête, poitrail et tour de l’encolure, bout des pattes et de la queue, parfois aussi des taches ou une bande sur le dos. Du moment qu’elle ne prédomine pas sur la couleur, cette panachure est parfaitement acceptable. Les taches blanches sur le corps, souvent considérées comme des défauts par les amateurs de la race (il est vrai qu’elles ne sont pas toujours très esthétiques), ne sont donc absolument pas pénalisables.

A égalité des autres points, le bringé doit avoir la préférence. Il est bien précisé “à égalité des autres points”: deux chiens n’étant jamais réellement égaux, la couleur de la robe ne joue pas vraiment dans les jugements.Le bringé noir, le rouge, le fauve et la robe tricolore sont admis. Le bringé noir mentionné par le standard est le “black brindle” anglais. Il ne s’agit pas, comme le pensent certains, d’un bringé très foncé (comme chez le Staffie ou le Bouledogue Français par exemple), mais bien d’une robe distincte dans la mesure ou le fond de robe est tricolore au lieu d’être fauve ou rouge comme c’est le cas chez un bringé “classique”. Un chien bringé noir est donc un chien de robe noire marquée de feu à panachure blanche (c’est à dire un tricolore), dont les marques feu sont couvertes de bringeures. Le rouge est un roux vif par opposition au fauve, plus clair et tirant parfois sur le jaune. Le tricolore, nous l’avons vu, est une robe à manteau noir avec des taches fauves ou rouges au niveau des joues, de l’interrieur des cuisses, du poitrail et des pattes (comme la robe noire et feu, dite “quatreuillée” ou “bas rouge” du Beauceron ou du Rottweiler), agrémentée d’une panachure blanche (comme chez le Bouvier Bernois). Toutes ces couleurs sont généralement panachées de blanc (sans excès, comme indiqué plus haut), mais elles peuvent également être “unies” chez certains individus issus du mariage de deux parents de couleur. Moins habituel, ce patron de robe est néamoins admis. Seule zone d’ombre soulevée par certains puristes, le cas de la robe noire et feu qui existe forcément (c’est un tricolore avec le blanc en moins) mais n’est pas nomément mentionnée par le standard.

“La robe bleue et la robe foie (marron) sont à rejeter. Les robes admises chez le bull (à l’exception peut-être du fauve, parfois un peu “passé”), sont toutes franches. Les robes diluées (bleu) ou le marron (appelée foie ou chocolat selon les races) ne sont ici pas simplement qualifiées de “défaut” mais de robes “à rejeter”. On peut donc supposer que dans l’esprit du standard, elles sont considérées comme moins souhaitables qu’une robe blanche tachetée ou mouchetée par exemple, ou même que des yeux bleus. A noter que ces couleurs peuvent être difficiles a déceler sur un individu bringé (“bringé bleu”) ou tricolore (à manteau foie au lieu de noir). “(...) la truffe qui est noire et inclinée vers le bas à l’extrémité.” On ne saurait être plus précis: la truffe doit en principe être noire. Toute dépigmentation est donc considérée “comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité”... retour au subjectif, donc! “

Yeux: Les yeux paraissent étroits, disposés obliquement, triangulaires, bien enfoncés dans les orbites, noirs ou d’un brun aussi foncé que possible de façon à paraître presque noirs; ils ont un éclat perçant. (...) Les yeux bleus en totalité ou en partie sont un défaut.” Là encore, ça paraît limpide: les yeux sont noirs ou quasiment noirs. Cette teinte sombre contribue d’ailleurs à l’expression perçante du bull terrier. Le fait de mentionner les yeux bleus comme un défaut semble toutefois sous entendre que celui-ci est plus grave que des yeux bruns clair. La forme des yeux (il s’agit bien entendu de la forme de leur ouverture), peut parfois être faussement affectée par une pigmentation importante des paupières qui leur donne un aspect arrondi. Cette pigmentation n’est pas un défaut et la forme de l’œil doit être jugée sans tenir compte de celle-ci. Pour finir, rappelons une fois encore qu’un chien doit être jugé sur son ensemble et qu’aucun animal ne correspond mot pour mot au standard. De plus, nous l’avons vu, celui-ci est sujet à interprétation quant-au degré de gravité des diffèrents défauts. Dans le doute, c’est le bon sens qui prévaut!

Le bull blanc n’existe pas!. Eh oui, un bull blanc c’est en réalité un bull de couleur à panachure blanche tellement envahissante qu’elle couvre totalement (ou presque) la robe de base. Si le chien possède une marque en tête, la couleur de celle-ci montre ce qu’il “porte” et peut transmettre à ses descendants. S’il est blanc uni, on ne peut savoir la couleur dont il est porteur qu’en étudiant son pedigree et la robe de ses descendants... à condition d’avoir des notions de génétique des couleurs mais ça, c’est pour une autre fois!.

Quel mariage pour quelle couleur: Peut-on déterminer de quelle couleur seront les chiots issus d’un mariage donné? Oui et non, tout dépend de la robe des parents, mais aussi des gènes recessifs qui sont “cachés” dans leur patrimoine génétique. Voici quelques exemples pratiques: - Blanc x blanc= 100% de chiots blancs (avec éventuellement des marques en tête) - Tricolore x Tricolore = 100% de tricolores (plus ou moins panachés de blanc: il peut y avoir des noirs et feu, ou des blancs qui seront forcément porteurs de tricolores) - Couleur unie x blanc= 100% de chiots de couleur panachés de blanc.

La SCC, pas vraiment à la page. Les codes couleurs adoptés par la SCC pour les formulaires d’inscription de portées, certificats de naissance et pedigrees de bull terriers sont désespérément inadaptés au vu du du standard de la race. La liste proposée est en effet plutôt courte et ne correspond pas aux robes admises: - 01 Noir panachure blanche (ça commence bien: cette robe n’est pas mentionnée dans le standard!) - 02 Fauve panachure blanche - 03 Fauve bringé (et la panachure???) - 04 Sable bringé (même commentaire et le sable n’est pas non plus mentionné dans le standard, à l’opposé du rouge) - 05 Blanc Le tricolore (noir marqué de fauve à panachure blanche), le bringé noir (noir marqué de fauve bringé avec ou sans panachure blanche) et les diffèrentes panachures, plus ou moins étendues, ne sont pas proposées et un chien tricolore est automatiquement inscrit comme “noir et blanc”. Toutes ces dénominations sont pourtant facile à extraire de la liste exhaustive proposée pour l’ensemble des races canines. Avec tout ça, il n’est pas étonnant que les novices ne s’y retrouvent pas en matière de robes chez le bull. Un petit effort de mise au point permettrait d’intégrer enfin toutes les robes existantes et de fournir des informations bien plus utiles aux éleveurs qui étudient un pedigree. A bon entendeur...