Dans son éditorial le président de la SCC fait remarquer que les associations de défense animale n’ont pas « le monopole du cœur »
Le problème c'est que le cœur est à géographie variable pour des institutions comme la SCC dès qu'il s'agit de préserver son pré carré, et que « malheureusement » actuellement seules restent les associations de protection animale, la SPA en tête, pour ouvrir le débat sur ce que doit être le chien dans la cité et surtout comment et dans quel cadre il doit être produit.
A la décharge des instances cynophiles françaises, c’est la première fois qu’une présidente de la SPA développe un discours constructif et réfléchit sur l’élevage du chien en France.
Rendons-lui hommage.
Mais si l’on n’y prends pas garde les associations de protection animale vont finir par devenir les seules garantes des races canines en France, car ce seront les seules à vouloir objectivement que les chiens soient produits dans une optique d'animaux de compagnie et non pas de bêtes de concours voire de rapport comme dans le monde agricole, occultant le fait qu'un animal de compagnie n'est pas un objet mais un être vivant dont la santé et la morphologie prime davantage sur des considérations d'ordre purement de beauté.
Si actuellement ce sont les associations animales qui sont le plus écoutées alors que la cynophilie officielle, elle,est cantonnée aux marges, c'est qu'il y a un problème de gestion de nos races.
A force de voir le chien de race comme une rente philosophico-sociale et commerciale sans s'apercevoir qu'au bout du chien il y a une personne, et une cité, cela entraîne des malentendus qui génèrent tous les excès.
La loi du 6 janvier 1999 en est un exemple navrant qui a vu la cynophilie démissionner devant l'homme politique, car elle n’a pas su faire des propositions dans le sens d’une véritable moralisation du marché canin en France.
Elle n’a pas su non plus apporter la seule véritable réponse qui s’imposait face au législateur et à ses lois criminalisant certaines race canines en, non pas entrant dans cette logique dont l’origine scientifique n’a à ce jour pas encore été démontrée et donc en aménageant cette loi, mais bien en attaquant à la racine même de cette loi.
Dans ce dossier la charge de la preuve a été inversée et nous nous sommes retrouvés devant cette incohérence qui demandait aux acteurs cynophiles d’ aménager une loi qu’ils savaient pertinemment inadaptée car ne reposant sur aucun fondement scientifique.
A vouloir entretenir une séparation floue entre le chien de race et le chien en général, ( il n’y a pas très longtemps encore au sein de la SCC il y avait un débat sur l’opportunité de faire entrer des chiens sans papiers dans le LOF), dans une optique de rentabilité financière, il s’est passé ce qui était prévisible à savoir un amalgame malheureux qui condamne le chien de race en général, et tout particulièrement certaines races.
Ne pas avoir voulu quand cela était possible proposer au ministère un certificat à la première portée, par exemple, c’était laisser perdurer le flou dans cette sphère « reproductible » du chien.
La SCC a défendu le principe de la reproduction chez le particulier, une portée avant d’avoir un statut d’éleveur, car tout simplement cela représente en France 70% des naissances du chiens de race.
Ce statut qui n’en est pas un d’ailleurs- car où voit-on qu’une personne peut faire naître une portée, donc des animaux qui iront dans la cité avec tous leurs problèmes de comportement et autres, sans que dans le même temps on ne lui demande pas un minimum de connaissances ?- a davantage créé des problèmes en laissant une sphère non contrôlée évoluer.
Ce qui était sous-jacent dans la volonté de ne pas faire reconnaître le naisseur à la première portée était la présence des services fiscaux ainsi que des services vétérinaires.
Mais s’il y avait eu une information raisonnable dans ce sens, il aurait put être expliqué que d’une part les services de la DSV ne peuvent et ne veulent pas s’occuper de particuliers faisant naître un portée, et d’autre part, les services fiscaux ne peuvent et ne veulent pas davantage s’occuper de ces mêmes particuliers, car le fait de faire naître une portée, cela dans la mesure ou l’on garde toutes les pièces justificatives, n'entraîne pas de pression fiscale.
A la place de ça nous avons aujourd’hui 70% du chien de race en France qui naît sans aucun contrôle.
Une aubaine pour le législateur qui prétexte de cet état de fait pour imposer des lois et décrets hors de propos.
Voilà ou nous en sommes actuellement et pourquoi les associations cynophiles ne sont pas entendues, car elles sont soupçonnées, en étant intégrées dans ce processus, de ne pas être d’une objectivité à toute épreuve.
C.O.P.E.R.C.I. RAPPORT SUR LA GESTION DES RACES EN FRANCE
A propos de l'évaluation comportementale
Lien vers la loi du 6 janvier 1999